Introduction générale
4 – Stades de développement de l’enfance

Introduction générale
4 – Stades de développement de l’enfance

Introduction générale

4 – Les stades du développement de l’enfant

Le niveau de développement que les parents peuvent attendre de leurs enfants dépend fortement de leur classe d’âge. Jean Piaget, psychologue novateur, a établi un cadre très utile qui aidera les parents à déterminer comment le mieux encourager le développement du raisonnement critique chez leurs enfants au fur et à mesure qu’ils grandissent.

La théorie de Piaget sur les différents stades du développement cognitif reste une référence de la psychologie de développement. Même si les concepts ont beaucoup évolué depuis que Piaget l’a élaborée, l’organisation du développement en stades reste pertinente car elle est le produit de centaines d’expériences vérifiées universellement.

Le premier stade, le stade sensorimoteur, s’étend depuis la naissance jusqu’à environ deux ans. Durant cette période, le contact qu’entretient l’enfant avec le monde qui l’entoure dépend entièrement des mouvements qu’il fait et des sensations qu’il éprouve. Chaque nouvel objet est brassé, lancé, mis dans la bouche pour en comprendre progressivement les caractéristiques par essais et erreurs. C’est au milieu de ce stade, vers la fin de sa première année, que l’enfant saisit la notion de permanence de l’objet, c’est-à-dire le fait que les objets continuent d’exister quand ils sortent de son champ de vision.
Le deuxième stade est celui de la période préopératoire qui débute vers deux ans et se termine vers six-sept ans. Durant cette période, qui se caractérise entre autres par l’avènement du langage, l’enfant devient capable de penser de manière symbolique, de se représenter les choses à partir de mots ou de symboles. L’enfant saisit aussi les notions de quantité, d’espace ainsi que la distinction entre le passé et le futur. Il demeure malgré tout surtout orienté vers le présent et les situations physiques concrètes, ayant de la difficulté à manipuler des concepts abstraits. Sa pensée reste aussi très égocentrique : il assume souvent que les autres voient les situations de son point de vue à lui.
Le troisième stade, le stade des opérations concrètes, s’étend de six-sept ans à 11-12 ans. Ayant accumulé une certaine expérience du monde, l’enfant devient capable d’envisager des événements qui surviennent en dehors de sa propre vie.

  • Entre six et neuf ans, le vocabulaire augmente considérablement, et bien que l’enfant reste très limité en matière de raisonnement, il devient de plus en plus capable d’argumenter, de défendre ou de rejeter une idée à partir de son expérience concrète et des différentes sources qui l’influencent.
  • A partir de neuf ou 10 ans, l’enfant parvient de mieux en mieux à conceptualiser et à créer des raisonnements qui nécessitent cependant encore un rapport direct à son expérience concrète, malgré ses progrès. Un certain degré d’abstraction permet aussi d’aborder des disciplines comme les mathématiques, au-delà de la pure arithmétique, et il devient possible à l’enfant de résoudre des problèmes avec des nombres et des raisonnements, mais toujours au sujet de phénomènes observables. Résoudre des problèmes abstraits en décortiquant plusieurs variables de façon systématique demeure exceptionnel à ce stade.

Enfin, ce que Piaget a appelé le stade des opérations formelles se développe progressivement à partir de 11-12 ans. Les nouvelles capacités de ce stade, comme celle de faire des raisonnements hypothéticodéductifs (c’est-à-dire d’énoncer des raisonnements sous la forme « si-alors ») et d’établir des relations abstraites, sont généralement maîtrisées autour de l’âge de 1516 ans. À la fin de cette période, l’adolescent peut donc, comme l’adulte, utiliser une logique formelle et abstraite, à la condition d’avoir acquis ce langage logique (les significations formelles de mots tels que « si », « alors », « donc »…) et de les mettre en pratique. Il peut aussi se mettre à réfléchir sur des probabilités et sur des concepts moraux tels que la justice car il devient capable de mieux raisonner en généralisant à partir de situations concrètes.