de 5 à 9 ans
Encourager l’estime de soi

de 5 à 9 ans
Encourager l’estime de soi

Cas Pratique 5

Prise de risque

Un aspect important pour le développement des capacités de raisonnement critique des enfants de cet âge est de les encourager à prendre des risques. Les parents devraient veiller à ne pas être trop critiques quand leurs enfants font des erreurs. Ils devraient aussi être proactifs pour les mettre face à de nouvelles situations potentiellement difficiles. Au final, les parents devraient pousser leurs enfants à se mettre en risque dans ces situations, en particulier quand il s’agit d’avancer des arguments ou de répondre à des questions. S’ils se trompent (ce qui est inévitable), les enfants doivent être encouragés et soutenus plutôt que critiqués. Se tromper ne doit pas devenir une source de honte pour l’enfant, c’est au contraire une occasion d’apprendre et de grandir.

Prenons l’anecdote suivante :

Laura et Adam, deux camarades de classe de huit ans, sont assis côte à côte dans une salle de spectacle. Avec une soixantaine d’enfants, dont leur classe, ils assistent à une reconstitution historique dans le cadre d’une sortie scolaire.

Avant le lever de rideau, l’animateur qui présente le spectacle interroge les enfants :

« Qui peut me donner le nom de l’empereur romain qui a conquit la Gaule ? »

Adam, qui est un grand lecteur d’Astérix, connaît la réponse (Jules César) et a très envie de la donner, mais il craint aussi de se tromper devant tout le monde et, de ce fait, choisit de se taire.

Laura hésite. Elle a plusieurs noms en tête en repensant aux leçons d’histoire : Néron, Caligula, etc. Mais après quelques secondes, n’y tenant plus, elle s’écrit : « C’est Jules César ! »

L’animateur la félicite, et le spectacle commence.

Dans cette situation, on constate deux attitudes différentes face au risque d’erreur :

  1. Adam préfère se taire plutôt que de prendre le risque de donner une mauvaise réponse. On peut faire l’hypothèse qu’Adam a associé l’erreur à quelque chose de mal, qui peut lui valoir la désapprobation, la moquerie voire une sanction. Il a donc intégré une pression selon laquelle seule la perfection est acceptable, ce qui a pour résultat d’inhiber sa capacité à faire des essais.
  2. Laura, à l’inverse, préfère prendre le risque de se tromper plutôt que de se taire. On peut faire l’hypothèse qu’elle n’éprouve pas de honte à se tromper, et que dans tous les cas l’envie d’essayer et le plaisir du risque l’emportent sur l’inconvénient de se tromper.

Nous apprenons de nos essais et de nos erreurs, ce qui est nécessaire pour développer une capacité à raisonner. La prise de risque, les essais et les erreurs sont donc indispensables.

Les environnements de l’enfant, et notamment l’attitude des parents face à l’erreur, sont des facteurs déterminants de la manière dont il appréhendera le risque et s’accordera le droit à l’erreur.