de 5 à 9 ans
Le rôle des émotions

de 5 à 9 ans
Le rôle des émotions

6. Le rôle des émotions

En résumé:

Les émotions constituent une part importante du développement cognitif de l’enfant, mais si elles le submergent elles peuvent se montrer contreproductives. Les parents doivent aider leurs enfants à apprendre à exprimer ce qu’ils ressentent calmement et à empêcher leurs émotions de devenir une source de distraction..

Comprendre le rôle des émotions dans le développement du raisonnement critique

Bien que le jeune enfant puisse développer ses facultés cognitives en matière de langage et d’argumentation et bénéficier d’une estime de soi qui lui permette de pouvoir s’affirmer et d’explorer l’inconnu, le développement de ses capacités de raisonnement critique sera limité s’il n’a pas appris à gérer ses émotions.

Les émotions prennent forme dans une zone du cerveau appelée système limbique, qui est très ancienne dans l’évolution de l’espèce humaine. Ce système se développe automatiquement à un très jeune âge. Mais très rapidement, l’enfant ressent la nécessité de freiner l’expression spontanée et illimitée de ses émotions. Ces émotions sont, bien entendu, étroitement connectées à ses relations de base aux autres (et le plus souvent à ses parents pour commencer) et aux normes culturelles.

Le lobe préfrontal contient la plus grande partie des réseaux de neurones qui vont réguler à la fois l’amplitude des émotions conscientes et leur expression dans le langage verbal et non verbal, ainsi que dans le comportement. À cinq ou six ans, l’enfant entre en CP où, assis chaque jour pendant des heures, il va devoir écouter des éléments d’apprentissage plus conçus en fonction des besoins de la société qu’en fonction des envies et des émotions des enfants. Le développement du lobe frontal permet l’inhibition des pulsions et la gestion des émotions, deux conditions requises pour les apprentissages intellectuels et le sentiment d’appartenance à la famille et à la société.

La capacité de gérer ses émotions a un double impact constructif dans le développement des facultés de raisonnement critique de l’enfant. Tout d’abord, elle permet à l’enfant de prendre le dessus sur ses émotions pour pouvoir mobilier son attention et se concentrer. Ceci est indispensable à la fois au développement cognitif en général et aux compétences argumentatives, logiques et critiques.


La gestion des émotions permet aussi de se poser et de convaincre et influencer les autres quand on prend la parole
. Paradoxalement, l’enfant apprend qu’en gérant ses émotions (ce qui est au départ vécu comme une répression), il va avoir un impact sur ses camarades, être compris et même suivi. Le plaisir qu’il va en tirer va renforcer cet équilibre entre spontanéité et contrôle, et, en même temps, le plaisir de l’expression personnelle et le respect des autres vont augmenter. L’estime de soi va alors progresser, permettant également à l’enfant d’affirmer sa volonté.

Le développement des capacités critiques va bénéficier de ce niveau accru d’estime de soi. Mais il est important de se rappeler que tout est question d’équilibre.

Si la pression familiale ou sociale inhibe trop l’expression des émotions, le sentiment d’être unique et d’avoir une valeur personnelle va être compromis. Dans ce cas, même avec un développement cognitif normal (voire brillant), les facultés critiques de l’enfant pourront être inhibées. L’enfant ne pourra réellement devenir un individu à part entière et le développement de ses facultés critiques sera alors ralenti. Un tel enfant serait comme une simple cellule, et non comme un organe tout entier. Ce manque d’individualité se retrouve dans les conventions sociales et les systèmes éducatifs mis en place par les régimes totalitaires. Des personnes pourtant très intelligentes, cultivées et très logiques peuvent, sous de tels régimes, se retrouver dépourvues de toute compétence de raisonnement critique

 

L’émotion est le moteur psychologique de la cognition. Mais à dose élevée et incontrôlée, elle la noie..

Les émotions prennent forme dans une zone du cerveau appelée système limbique, qui est très ancienne dans l’évolution de l’espèce humaine. Ce système se développe automatiquement à un très jeune âge. Mais très rapidement, l’enfant ressent la nécessité de freiner l’expression spontanée et illimitée de ses émotions. Ces émotions sont, bien entendu, étroitement connectées à ses relations de base aux autres (et le plus souvent à ses parents pour commencer) et aux normes culturelles.

Le lobe préfrontal contient la plus grande partie des réseaux de neurones qui vont réguler à la fois l’amplitude des émotions conscientes et leur expression dans le langage verbal et non verbal, ainsi que dans le comportement. À cinq ou six ans, l’enfant entre en CP où, assis chaque jour pendant des heures, il va devoir écouter des éléments d’apprentissage plus conçus en fonction des besoins de la société qu’en fonction des envies et des émotions des enfants. Le développement du lobe frontal permet l’inhibition des pulsions et la gestion des émotions, deux conditions requises pour les apprentissages intellectuels et le sentiment d’appartenance à la famille et à la société.

La capacité de gérer ses émotions a un double impact constructif dans le développement des facultés de raisonnement critique de l’enfant. Tout d’abord, elle permet à l’enfant de prendre le dessus sur ses émotions pour pouvoir mobilier son attention et se concentrer. Ceci est indispensable à la fois au développement cognitif en général et aux compétences argumentatives, logiques et critiques.