de 10 à 12 ans
Les jeux vidéos

de 10 à 12 ans
Les jeux vidéos

 

7. Les jeux vidéos

En résumé:

Les jeux vidéos sont plus répandus et plus accessibles que jamais. L’addiction et la surexposition sont de véritables problèmes qui peuvent ralentir le développement cognitif de l’enfant. Les parents devraient avoir clairement conscience de ces problèmes et prendre des mesures pour les traiter très vite.

Les jeux vidéos n’ont jamais été aussi peu chers ni aussi accessibles. On peut y jouer sur son téléphone, une tablette ou un ordinateur, et l’époque où il fallait une console de jeux coûteuse est révolue depuis longtemps. En conséquence, le business model du jeu vidéo est en train d’évoluer.
Dès 10-12 ans, les enfants sont nombreux à posséder un téléphone, une tablette et/ou une console. Et bien entendu, aujourd’hui, tous ces appareils sont connectés facilement et systématiquement à internet. Les offres « freemium » incitent beaucoup d’enfants à harceler leurs parents pour qu’ils leur achètent telle ou telle extension, et un jeu qui était gratuit au départ finit par coûter beaucoup d’argent.

On sait que cette période intermédiaire entre l’enfance et l’adolescence est sensible. De nombreux enfants, surtout des garçons, sont très attirés par des jeux où puissance et violence prédominent. Ces jeux répondent à la fois aux pulsions éveillées par la puberté et au besoin de fuir les déplaisantes réalités du quotidien, comme l’école. Ces jeux sont de plus en plus conçus pour être véritablement addictifs. Aujourd’hui, l’addiction aux jeux numériques est une pathologie reconnue par les psychiatres et les psychologues. Bien sûr, tous les enfants qui jouent à ces jeux n’atteignent pas ce stade, mais l’addiction doit être considérée comme un danger.

Notre cerveau est génétiquement programmé pour rechercher le plaisir et assouvir ses pulsions. Seule l’éducation peut amener l’enfant à contenir et à différer ses pulsions. Le plaisir procuré par un jeu numérique, comme la sensation de manque lorsqu’il faut s’arrêter, font intervenir le circuit neurologique dit « de la récompense ». C’est le même mécanisme que pour les addictions aux drogues, à la cigarette ou à l’alcool.

La zone cérébrale qui permet le contrôle des émotions et des pulsions se situe dans le lobe préfrontal. Si l’enfant cède régulièrement au plaisir immédiat, il n’a pas l’énergie mentale de s’auto-réguler. A 10 ou 12 ans, le lobe préfrontal, dont la fonction est d’inhiber, est loin d’être complètement développé (ce qui se produit après 20 ans). De plus, moins l’enfant essaye de s’arrêter de jouer de lui-même, moins il renforce ses réseaux de neurones inhibiteurs et plus cela devient difficile.

Quiconque devient addict, enfant ou adulte, commence à perdre tout intérêt pour les autres activités.

Quel rapport peut-on établir entre ce phénomène et le développement de la pensée et du raisonnement critiques ? L’addiction à n’importe quelle substance ou activité trouble l’image de soi. Quiconque devient addict, enfant ou adulte, commence à perdre tout intérêt pour les autres activités et ne se sent plus concerné par les activités intellectuelles, culturelles ou sportives. Seul compte le plaisir immédiat et ce qui y conduit. Il n’y a plus de place pour la pensée critique et le raisonnement, et cela peut même causer des régressions.

Les enfants addicts vont rationaliser leur manque de motivation en déclarant que tout le reste est inintéressant, et qu’ils jouent de leur plein gré parce que c’est la seule chose intéressante. Cette absence de raisonnement critique sur eux-mêmes va prévenir la possibilité d’ébranler l’addiction.

La surexposition aux jeux vidéos peut donc être désastreuse pour des pré-adolescents et des adolescents en ce qui concerne le développement de leurs facultés critiques. Elle peut définitivement affecter leur avenir et les priver de l’expérience de la sublimation de leurs pulsions et du plaisir d’apprendre.

Que faire ?

  • Retarder le plus possible le moment où l’enfant accède aux jeux vidéos autres que ceux qui sont stimulants cognitivement ou intellectuellement.
  • Orienter les enfants vers des jeux qui ne favorisent pas des pulsions liées à la domination, la violence ou la séduction, mais qui au contraire stimulent la curiosité et la réflexion.
    Voici quelques exemples :
  • Si l’enfant est déjà « passionné » par un jeu addictif, limiter l’accès à ce jeu et le conditionner à sa participation à d’autres activités qui favorisent la pensée critique et le raisonnement.
  • Parler avec l’enfant « addict » pour essayer de lui faire reconnaître que ce jeu l’empêche de s’intéresser à d’autres choses.

Il est très important de faire attention à toutes ces considérations dès 10 ans environ. Une fois que la puberté se déclenche, il est beaucoup plus difficile d’obtenir une remise en question du comportement addictif et de la gratification simple et immédiate.