de 10 à 12 ans
La vie sociale adolescente

de 10 à 12 ans
La vie sociale adolescente

5. La vie sociale adolescente

En résumé:

La vie sociale des enfants tend à subir des changements radicaux à cet âge, et présente de nouveaux défis. Cela exerce une forte pression sur les émotions des enfants. Les parents peuvent aider en encourageant de nouvelles quêtes intellectuelles, et en aidant leurs enfants à identifier des centres d’intérêts qui les impliquent.

En plus des changements de personnalité et de comportement, la puberté tend à amorcer des changements dans la vie sociale de l’enfant. Elle génère un élan massif d’individuation, et donc une « dés-idéalisation » des parents. Les enfants commencent à s’en éloigner, tant sur le plan psychologique que sur celui des occupations et des centres d’intérêt.

Les préadolescents commencent à se définir par les amis qu’il fréquentent au collège ou ailleurs. De nouvelles influences sociales vont progressivement contribuer à découpler les enfants de leurs parents.

Dans ce nouvel environnement social, ainsi que face à de nouveaux défis intellectuels, les enfants font l’expérience de l’erreur et de l’échec. À cet âge, cela peut être mal vécu en matière d’identité et d’émotions. Sur le plan neurophysiologique, les hormones sexuelles augmentent l’instabilité émotionnelle. Sur le plan psychologique, c’est le conflit entre le désir d’émancipation d’une part et l’inexpérience et les lacunes dans la connaissance d’autre part qui vont produire des échecs, notamment dans les relations humaines.

Les enfants cherchent à sortir du cocon familial par leurs idées, leurs goûts, leurs actions et leurs activités. Mais l’inexpérience les rend souvent malhabiles. Les parents doivent les aider à gérer leurs erreurs, de manière concrète et sans dramatiser. Ils doivent aussi les encourager à persévérer sans remettre toute leur existence en question à la première erreur.

La gestion des émotions

Entre 10 et 12 ans, la gestion des émotions devient compliquée. Elle s’effectue dans des centres nerveux encore immatures à cet âge. Et la puberté, évidemment, exacerbe les émotions et peut amener les enfants à mal se comporter.

En passant des moments agréables avec leurs enfants (aller à la pêche, jouer aux échecs…), les parents peuvent les aider à atténuer le côté chaotique de leurs émotions à retrouver un peu de calme. Une fois leurs émotions sous contrôle, les enfants peuvent accéder de manière plus sereine à leurs capacités critiques en faisant appel à leurs facultés cognitives, sans être submergés par des émotions trop fortes à gérer.

À cet âge-là, les capacités critiques peuvent répondre aux exigences intellectuelles rigoureuses. Le lobe préfrontal s’est considérablement développé, permettant aux fonctions exécutives d’analyser une situation, de décomposer un problème et de planifier des étapes de résolution et des actions à engager. Ce savoir-faire exécutif se combine à une maîtrise croissante du langage – en compréhension comme en production – pour développer le raisonnement critique et permettre aux enfants de faire face à des situations ou des idées complexes.

Mais il nous faut tenir compte de la singularité croissante de chaque pré-adolescent et l’aider à trouver et développer ses propres centres d’intérêt pour qu’il s’y investisse et puisse y aiguiser ses capacités critiques. Cultiver ses centres d’intérêt et l’aider dans son raisonnement va permettre non seulement à ses facultés critiques de s’enraciner dans son caractère mais également à son esprit critique de devenir véritablement du raisonnement critique. En trouvant du plaisir en apportant son point de vue raisonné dans des domaines qui l’intéressent, l’enfant va apprendre à exercer ce raisonnement critique plus généralement.

A cet âge-là, le regard des autres prend de plus en plus d’importance pour les enfants. Bien qu’ils semblent gagner en indépendance, ils ne font souvent que passer sous de nouvelles influences. Les copains, YouTubeurs et autres remplacent les parents.

Les parents doivent alterner les rôles d’éducateurs et protecteurs de leurs enfants, et ceux de « copains » qui les comprennent pour les aider à devenir des individus à part entière.

Il est essentiel de valoriser les enfants et de passer des moents de complicité qui ne soient pas éducatifs avec eux. Cela permet aux parents de garder un lien sain et de l’influence, malgré l’individuation normale et nécessaire. Ce « temps de qualité » va largement contribuer à entretenir un haut niveau d’estime de soi. Les enfants ne se sentiront pas comme de simples réceptacles d’éducation. En participant à l’individuation de leurs enfants plutôt qu’en lui résistant, les parents peuvent mieux les protéger d’influences néfastes venues d’amis douteux ou d’internet.

L’estime de soi

 A 10-12 ans, le développement de l’estime de soi nécessite de parvenir à un équilibre entre des phases éducatives et des moments de complicité, où la hiérarchie est laissée de côté. Dans ces moments-là, les enfants se sentent reconnus comme des personnes à part entière et acceptent plus facilement les conseils et l’autorité des parents et des éducateurs face à d’autres influences qui pourraient se révéler nocives ou dangereuses.

Les parents doivent alterner les rôles d’éducateurs et protecteurs de leurs enfants, et ceux de « copains » qui les comprennent pour les aider à devenir des individus à part entière. Si cet équilibre est atteint, l’estime de soi des enfants s’ancre fermement ; leurs capacités critiques peuvent de plus être utilisées pour rejeter les influences néfastes.

Mais dorénavant, un contre-pouvoir du raisonnement critique fait partie de la vie de nombreux enfants : l’univers numérique.