de 10 à 12 ans
Les biais cognitifs

de 10 à 12 ans
Les biais cognitifs

1. Les biais cognitifs

En résumé:

Au fur et à mesure que leurs capacités cognitives s’affinent, les enfants commencent à réfléchir et à émettre des jugements sur des sujets plus complexes. Mais les enfants de cet âge sont souvent très vulnérables face aux erreurs et aux biais cognitifs. Ils ont tendance à généraliser en ne se fondant que sur leur propre expérience, limitée.
Les parents peuvent aider leurs enfants en les encourageant à réfléchir sur leurs limites et en faisant émerger des perspectives alternatives.

Chez les enfants de 10 à 12 ans, les capacités d’argumentation que nous avons analysées chez les plus jeunes vont évoluer vers de véritables raisonnements, de plus en plus justes et efficaces. La logique va donc jouer un rôle de plus en plus grand, même si à cet âge-là elle n’est d’abord applicable qu’à des situations concrètes et visualisables, et même si elle reste sujette à de nombreux biais cognitifs.

Que sont précisément les biais cognitifs ?

Nous avons déjà évoqué rapidement le type de biais que les jeunes enfants peuvent commencer à dépasser grâce à la métacognition et à l’engagement dans de nouvelles expériences et de nouvelles perspectives. Les « biais cognitifs » se réfèrent à quelque chose de plus spécifique, les erreurs que nous avons tendance à commettre dans le traitement de l’information. Ce sont ces tendances cognitives récurrentes qui nous font commettre des erreurs, et les répéter. Ces biais cognitifs sont semblables aux biais perceptifs, à l’origine des illusions d’optique par exemple.

À un niveau cognitif plus élevé, comme pour les processus de mémorisation et de reconnaissance, on retrouve des biais cognitifs. Par exemple, nous mémorisons les visages dans leur contexte. Si nous ne voyons la boulangère qu’à la boulangerie, alors nous aurons des difficultés à nous reconnaître si nous nous croisons par hasard en vacances. Ceci est un biais cognitif.

Nous avons tous fait l’expérience de ce biais, mais le reconnaître nécessite un processus métacognitif. Malheureusement, la métacognition ne nous aide pas toujours à le corriger. En règle générale, plus le biais concerne un processus de bas niveau (par exemple, dans la perception) et plus il résiste à la métacognition.

Cependant, il existe un domaine dans lequel la métacognition réussit à corriger certains biais : c’est dans la sphère de la cognition sociale. Par exemple, notre système cognitif tend à « sur-généraliser », c’est ainsi que naissent les stéréotypes sociaux. « Les femmes sont plus douces que les hommes » est un exemple de stéréotype social.

Si nous apprenons à comprendre grâce à la métacognition (le processus cognitif capable d’analyser voire corriger d’autres processus cognitifs) comment notre tendance à la surgénéralisation nous mène à des stéréotypes abusifs, injustes et même dangereux, nous pouvons alors nous empêcher de sur-généraliser. En cognition sociale, la métacognition, qui peut se travailler, est efficace pour réduire l’effet parfois catastrophique des biais cognitifs.