13 ans et plus
L’analyse des sources

13 ans et plus
L’analyse des sources

6. L’analyse des sources

En résumé:

Les adolescents ont besoin de soutien pour affronter et analyser la désinformation et la tromperie en ligne. Ils doivent travailler à développer une lecture critique et de saines habitudes de navigation, et apprendre à identifier les différentes formes de raisonnement trompeur. On peut s’exercer en famille à analyser les informations fausses ou fallacieuses. 

Vers l’âge de 13 ans, les jeunes ont vraisemblablement déjà une bonne expérience de la navigation sur internet. Ils ont déjà tous largement utilisé de nombreux sites, pour trouver des réponses aux questions qu’ils se posent, préparer des exposés ou faire leurs devoirs.

Internet a démocratisé la transmission de l’information, permettant à qui le souhaite d’exprimer ses idées, opinions ou hypothèses sur de multiples plateformes. Les gens utilisent dans leurs « posts » un style affirmatif qui fait passer n’importe quelle déclaration, même douteuse ou spéculative, pour un fait bien établi.  

Les blogs personnels, les sites promotionnels des entreprises et les encyclopédies libres proposent tous des articles sur des sujets complexes, la plupart du temps sans que leur contenu ait été validé par des experts, dont les compétences de pensée critique et de raisonnement seraient très utiles.

Il semble que tout le monde ou presque ait tendance à accorder au moins une certaine valeur de vérité à tout ce que l’on trouve sur internet, surtout si le site a l’air crédible et utilise un langage châtié. Il s’agit de la même crédulité que pour ce que l’on entend à la télévision ou lit dans les journaux.

Il est donc important de faire prendre conscience aux adolescents du phénomène des « fake news » (« infox » en français) et de leur prouver par les faits que l’on trouve un grand nombre d’informations fausses, voire délirantes, sur le net.

Par exemple, on peut tomber sur des vidéos prétendant prouver que « l’atterrissage » de l’homme sur la Lune a été mis en scène par la NASA. Démonter ce type de théories du complot, avec l’aide des parents ou d’éducateurs, peut être un exercice très utile pour les élèves, tout comme discuter de ce qui rend certaines sources fiables ou pas.

On pourrait ainsi montrer aux élèves un documentaire factuel sur cet alunissage, une vidéo prétendant que ce dernier a été simulé, et leur demander de déterminer lequel est le faux.

Pour cela, il leur faudra utiliser leur connaissances logiques pour voir si des erreurs d’inférence ont été commises. Ils devront aussi se demander qui a fait et commenté ces vidéos. Quelle est la réputation de cette personne ? Quelles sont ses qualifications professionnelles ? La crédibilité du documentaire est-elle discutée sur des forums ?

Démonter ce type de théories du complot, avec l’aide des parents ou d’éducateurs, peut être un exercice très utile pour les élèves.

En analysant ces sources, et d’autres similaires, on arrive à une des cinq situations possibles :

  1. L’auteur est de bonne foi mais ses raisonnements sont erronés. Il tire des conclusions infondées à partir de données fiables ; la conclusion est donc fausse. Par exemple, on a la preuve que des particules naissent dans le vide absolu, provenant de nulle part. Certains en concluent abusivement que c’est la preuve de l’existence de Dieu, puisque seul Dieu peut créer à partir de rien. Les données sont vraies, mais le raisonnement est faux et la conclusion ne peut donc pas en découler. La résolution de ce problème utilise la relation entre l’énergie et la masse dans l’équation E = mc2. Dans le vide, même la plus petite quantité de chaleur peut créer des conversions spontanées d’énergie pure en matière.

  2. L’auteur est de bonne foi et raisonne bien, mais en partant de données fausses. Ici l’auteur va arriver à de fausses conclusions, tout en raisonnant de façon irréprochable. Par exemple, on peut conclure que l’accélération induite par la force gravitationnelle est dépendante de la masse du corps qui tombe : en effet, si on lâche une pierre et une plume depuis un balcon, la pierre arrive au sol avant la plume. Ici, le problème provient de l’information initiale qui est fausse car négligeant le rôle de la résistance de l’air. L’observation sur laquelle le raisonnement s’appuie est donc fausse dans ce cas, et par conséquent la conclusion l’est aussi. En réalité, dans le vide, la plume et la pierre toucheraient le sol exactement au même moment.

  3. Il se peut aussi que les hypothèses ou observations de départ, comme le raisonnement qui en découle, soient tous erronés. Une conclusion erronée est alors très probable.

  4. Les auteurs cherchent délibérément à donner une fausse information, dans le but de vendre un produit, de nuire à quelqu’un (ou à un groupe ou à un pays), de se sentir importants en répandant une rumeur, ou de causer la souffrance morale d’autrui et s’en délecter sadiquement.

  5. La volonté de l’auteur de faire adhérer à une idée en utilisant un raisonnement qui semble se conformer à la logique mais qui comporte en réalité une ou plusieurs failles inférentielles, volontairement introduites pour prouver que la conclusion est objective car elle provient d’un raisonnement rigoureux. Les sophismes et les paralogismes relèvent de cette supercherie.

Il est très important d’exposer les adolescents à ces cinq sortes possibles d’erreurs ou de mensonges, et de réfléchir au moyen de les identifier par l’analyse du raisonnement de l’auteur, la remise en question des hypothèses ou des observations à la base de son raisonnement, ainsi que de ses intentions potentielles, en fonction du contexte du message. Par exemple, dans un contexte publicitaire, on peut comprendre qu’un constructeur de voiture ait intérêt à cacher le taux de pollution émis par le moteur des véhicules qu’il produit.

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Cas Pratique 5